Eschau village d'eau

À Eschau l’eau n’est jamais loin !
Rivières, plans d’eaux, nappe phréatique règnent sur le territoire.

Les cours d'eau

Commençons par citer le père Rhin, ce cours d’eau emblématique pour l’Alsace est à la fois frontière et artère économique qui contribua fortement au développement de notre région. 
Avant les travaux de rectification entrepris par l’hydrologue Tulla (19ème siècle) et la régularisation du Rhin (20ème siècle), la vie et l’environnement escovien étaient sans doute fortement impactés par les crues du fleuve. 
Alimenté par la fonte des neiges alpines qui déterminent les périodes de crues et ses divers affluents le Rhin présente au niveau d’Eschau un débit moyen annuel d’environ 1000m3/seconde. 

L’Ill est le second cours d’eau d’importance dans notre environnement local. Elle a sa source dans le Jura alsacien. À Eschau, elle coule parallèlement au Rhin qu’elle alimente au nord de Strasbourg. Contrairement au Rhin qui prend sa source dans les Alpes et dont le débit est lié à la fonte des neiges alpines qui ont lieu en début d’été, les crues de l’Ill sont liées au régime des pluies avec des crues hivernales ou printanières. En ce qui concerne Eschau, les canaux de décharge de l’Ill entre Erstein et Krafft et d’alimentation entre Krafft et Plobsheim garantissent un débit relativement constant au droit d’Eschau. Ces canaux se déversent ou captent l’eau dans le plan d’eau de Plobsheim-Eschau. Le débit moyen annuel à Eschau de l’Ill est d’environ 45 à 50 m3/seconde. 


D’autres cours d’eau de moindre importance parcourent le ban communal escovien, le Schwartzwasser, le Krimmeri (9m3/ seconde) et le Wisswasser. Ces cours d’eau sont alimentés par des prises d’eau situées sur le plan d’eau de Plobsheim-Eschau ou sur le contre-canal de drainage de la digue du Rhin. Le contre canal de drainage est lui-même alimenté par un cours d’eau phréatique dont la source se situe au sud du plan d’eau de Plobsheim-Eschau. Il passe dans une conduite sous le fond du plan d’eau pour ressurgir au nord du plan d’eau. 


Ces cours d’eau qui sont tous situées en Zone Naturelle d’Intérêt Faunistique et Floristique (ZNIEFF) sont des affluents de l’Ill, dont ils sont des diffluents puisque alimentés par le plan d’eau lui-même alimenté par l’Ill via le canal de décharge. Ils retournent tous à l’Ill à hauteur de Strasbourg. Et la boucle est bouclée ! 


La Petite Ill, elle, serpente en limite ouest du massif forestier de la Michelau. La Petite Ill se sépare de l’Ill dans la commune de Nordhouse. Elle passe à proximité de la résurgence phréatique de 7 sources située dans la forêt sur le ban communal de Hipsheim et rejoint l’Ill au niveau du pont franchissant l’Ill à Fegersheim. 


Le canal du Rhône au Rhin est lui entièrement artificiel. Il a été creusé au début du 19ème siècle et permettait la circulation de marchandises entre le Rhin et le Rhône. Actuellement hors service sur une partie de son parcours, il est maintenant utilisé essentiellement pour la plaisance. Ce canal aux berges consolidées par des palplanches métalliques infranchissables est un piège pour la faune. 

Le plan d’eau de Plobsheim-Eschau

D’une superficie de 680 ha, le plan d’eau de Plobsheim-Eschau est la plus vaste étendue d’eau d’Alsace. Il a été réalisé lors des travaux de régulation du Rhin et sert à réguler le niveau du Rhin. Peu profond avec 3m d’eau en moyenne, ce plan d’eau est devenu un site majeur d’hivernage pour les oiseaux d’eau migrateurs et de nidification pour les espèces locales. 


234 espèces d’oiseaux y ont été dénombrées au cours des 10 dernières années. Une moyenne de 8000 oiseaux d’eau y hivernent. 


Son apparence très artificielle dans la zone nord en raison de ses berges bétonnées, prend un aspect plus naturel dans sa partie sud. En raison de son importance pour l’avifaune, le plan d’eau de Plobsheim-Eschau fait l’objet d’un arrêté préfectoral de protection de biotope (APPB). Il est également un site Natura 2000 et une ZNIEFF catégorie I et II.

Les gravières

Le sous-sol escovien est constitué de granulats (sables, graviers) déposés par le Rhin au fil du temps, souvent à faible profondeur (quelques dizaines de centimètres). C’est pourquoi de nombreux sites d’exploitation de granulats ont été creusés à Eschau. Plusieurs sites de production importants ont été creusés dans les années 1950 à 1960, et d’autres de moindre production apparaissent aussi à cette période. 

 

Les gravières encore exploitées font l’objet de travaux de génie écologiques : maintien de prairie sèche, création de hauts fonds, création de site de reproduction d’hirondelles de rivage, de sternes pierregarin. Les sites d’exploitation de moindre importance ont laissé un chapelet d’étangs. 


Attention, ces gravières sont des sites industriels, l’accès y est strictement interdit !

Les zones humides

Héritage du temps ou le Rhin était libre, quelques zones humides subsistent aux alentours d’Eschau. Ces zones humides souvent liées aux anciens méandres de l’Ill, des divers cours d’eau ou du Rhin, sont des zones refuges pour des espèces animales et végétales patrimoniales. En permanence ou ponctuellement en eau en fonction du niveau de la nappe phréatique, ces zones humides sont des milieux fragiles à préserver absolument.

La nappe phréatique

La nappe phréatique, invisible hormis dans les gravières ou les mares qu’elle remplit, joue pourtant un rôle essentiel dans nos écosystèmes locaux.
Présente partout sous nos pieds à Eschau, elle constitue le plus grand réservoir d’eau douce souterraine d’Europe avec 35 milliards de m3 d’eau et s’écoule du sud vers le nord à la vitesse de 1 à 2 m par jour. Alimentée par l’infiltration des eaux de pluie et les cours d’eau, la nappe phréatique du bassin rhénan s’étend sur 3200 km2. Elle est une ressource inestimable et pourtant de nombreuses menaces pèsent sur elle. Activités industrielles, activités humaines du quotidien et agriculture intensive sont autant de risques pour sa bonne qualité.